Tu permets que je t’appelle camarade ? Je suis obligé de te tutoyer par la même occasion, c’est d’usage. Et puis c’est mieux que Ô grand Jean-Marie Messier commandeur des communicants et puis des autres aussi par la grâce de la sainte trinité ; Ramification, Absorption, et Profit. Tu n’es pas le seul mais disons qu’on te voit beaucoup.
Et puis t’es pas comme ça, toi ? Toi tes intentions sont pures ; le bonheur pour tous dans le meilleur des mondes. Toi tu respectes les artistes, surtout les rebelles hein, pas ceux préfabriqués et formatés par l’industrie et pour l’industrie.
Fantastique ! Mais il te reste tout à prouver : que tu défends la culture au pluriel et pas seulement parce que « le profit n’a pas d’odeur », que les petits labels et les petits disquaires pourront survivre à une telle hégémonie (le raz de marée Universal) , que tu ne sépares pas le monde entre bergers actionnaires et moutons payeurs, sachant que les bergers ont parfois des têtes de mouton et vice-versa. Il te reste aussi à prouver que tu n’es pas le roi du dégraissage de personnel et qu’une de tes missions principales est de rééquilibrer les échanges culturels et commerciaux entre l’Europe et les Etats-Unis. Tu as dit sur France Inter début janvier qu’un disque sur quatre partait à l’exportation. Selon toi c’est le cas de Noir Désir, de Zebda soit disant. Merveilleux mais entièrement faux, camarade patriote, chiffres à l’appui. J’en passe et des meilleures sur l’utilisation que tu fais de notre nom, entre autres.
Pour finir, saches que si tes pilules sont trop amères, tu trouveras d’autres que nous pour les faire passer.
Nous n’avons pas demandé à faire partie de ce grand « Tout » que tu diriges, que tu manipules, que tu récupères : critiques, médias, missives comme la présente y compris. Allez, Salut à toi Camarade P.D.G de la Nouvelle Internationale d’Universal, nous ne sommes pas dupes de ton manège, et si nous sommes tous embarqués sur la même planète, on n’est décidément pas du même monde.
Noir Désir.
Lettre à Jean-Marie Meissier, lue par Bertrand Cantat à
l'occasion des 17ème Victoires de la Musique, le 9 mars 2002
l'occasion des 17ème Victoires de la Musique, le 9 mars 2002
1 commentaire:
Estelle Président !!!! (ou Noir Dèz plutot), vraiment tres bien ce discours, et l'avoir lu comme ça aux victoires de la musique c'est pas mal. Je trouve aussi que Jean Luc a bien su gérer, meme si Noir Dèz (qui certes, avait préparé son coup...) a bien sur repondre a ces multiples attaques...
Merci aussi de pas avoir coupé le discours, meme si couper un des plus grand exportateur de CD ça ne se fait... Bisoux
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